Le 18 novembre

"Quand est-ce qu'on se marie ?"

"Et puis il y a les filles que tu kiffes, qui heureusement ne sont pas au courant du reste."
"...et les sujets-Corset"

**un peu -plus- heureuse**
Merci les gars. Ca faisait longtemps, j'en avais besoin. Maintenant, on est reparti. Et surtout, on remet ça dans peu de temps.
"Et on n'aura pas passé cette nuit sous les ponts pour rien, son fils sait ce qu'il sera demain."
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# Posté le dimanche 02 décembre 2007 05:55

Le 17 novembre

Abra los ojos

Je nous cerne comme des esclaves modernes, prisonniers d'un système qui ne cesse de nous berner. Notre cerveau ? Lavé comme un vulgaire polo, retourné, programmé, formaté depuis l'âge du berceau. Ne me dites pas que je suis le seul à essayer de rassembler les pièces de ce puzzle éclaté. Le temps passe, les jeunes se tabassent, cassent des vitrines, rêvent de flingues, de luxe, de limousines. Les magasins sont remplis de belles choses : on crée l'envie, le peuple est sous hypnose. La publicité est matraquée tous les jours ; la technologie avance sauf pour ceux qui habitent les tours. Ils travaillent comme personne, la mainmise fonctionne, leurs propres désirs les emprisonnent : tu ne peux plus réfléchir, tu dois t'en sortir, payer tes dettes, tes crédits voici ton avenir.

Faut pas se faire d'illusion, on organise la confusion, on est plus facilement contrôlable sous la pression. On alimente les différences entre les hommes alors qu'il n'y en a pas, tout le monde est pareil ici bas. Le racisme, les religions, sont de bons moyens pour que l'on s'entre-tue à leur frais dès demain ; ils ne veulent plus qu'on pense par nous-mêmes, car l'homme est amour et que le système n'est que haine. J'aime ce thème et dorénavant j'essayerai de ne plus me comporter comme un délinquant : rebelle, je payais pas le métro, fumais la ganja... J'ai réalisé que le plus soumis à l'état c'était moi. Je copiais la télé, par ce biais accentuais les clichés, que les jeunes sont tous des mauvais.
Apprenez que l'ennemi n'est pas forcément celui contre qui l'on se bat, mais celui qui profite des dégâts.



Ouais, je sais, c'facile de ressortir ce genre de truc des années après.
Mais bon, je trouvais ça assez adapté.
Trouwabeul faurlaïf'
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# Posté le dimanche 02 décembre 2007 05:54

Le 16 novembre

"Faut pas pleurer pour ça, ma fille..."

T'es sûr de rien ici. L'oubli guette les mecs à chaque coin de rue, à l'affût, prêt à bondir sur l'individu. Un mec s'endort sur le trottoir, des mots résonnent dans sa mémoire : faim, froid, besoin d'espoir - mais c'est trop tard. Les gens ne sortent plus le soir, trop peur qu'un jeune loup les frappe dans le noir, alors ils vivent dans un isoloir. Arrimés à la télé, y'a pas de temps à gaspiller à saluer le voisin de palier, après ça va critiquer. Ils parlent de délinquance ; je parle de pauvres mecs perdus pour qui de toute chose l'opulence est l'essence. Un tuyau, une bonne cage thoracique, quelques litres, on joue à l'homme qui tombe à pic pour briser le cycle. Les cascades sont pas doublées, dérapages incontrôlés. Dur d'effacer les fautes passées, les ressasser c'est insensé. Mais c'est le seul moyen d'exister, une ligne, un tracé qui dit que tu vis. On sait jamais, t'es sûr de rien ici.
Certains trouvent. Certains cherchent. Ceux-là chercheront toujours si personne ne leur tend la perche. C'est perdu d'avance, on persévère avec un père sévère. On s'en sort parfois sinon les chimères hantent les esprits quand ils sont clairs. C'est la guerre dans les maisons, rien ne va plus. Mais y'a que là qu'on se sent concret, aimé à jamais malgré les méfaits. Heureux, on smack Morphée, rassuré. Une mère c'est une mère, tu sais, et c'est tant mieux. La spiritualité manque, le vital pèse : avoir un toit, un chez soi. L'abstraction du moi c'est dur à la fin du mois. L'exemple est partout, du coup on met tous les atouts ; et malgré ça pas moyen de mettre la poisse à genoux. Laisser la trace d'un passage éphémère, dire qu'on a vécu. Ne pas finir comme une chanson qui meurt parce qu'on ne la chante plus. C'est le Graal que chacun poursuit sans répit, souvent pendant plus d'une vie. Mais bon, t'es sûr de rien ici.
L'incertitude déballe son inquiétude, son lot de solitude, la paranoïa dans toute sa plénitude. Bientôt une balle jaillira d'un tube. Aussi sûrement qu'une étoile, une âme peut s'arrêter de briller en plein milieu d'un passage clouté. Accepter ce fait pousse les mecs à risquer le tout pour le tout, à rendre coup pour coup, au sol ne pas poser le genou. Confiance avare, le sourire s'égare par peur. Le manque de « Je t'aime » donne la rage au c½ur. En sueur, voyant la faim, les pleurs devant un faible pourcentage de bonheur, les gosses deviennent des terreurs, dealers. On peut pas dire ce qu'on n'a jamais entendu, alors on grandit seul, on vieillit seul, on meurt seul - tout ça sans avoir vécu. Planté devant le miroir, le temps qui passe laisse des marques sur le visage. Vite, faut laisser la trace d'un passage. Quelqu'un verra un nom gravé sur un banc public, à moins que tout ne soit qu'un rêve. T'es sûr de rien ici.

(Thatcher revival)
(Vous pouvez commencer à pleurer, si vous ne savez pas quoi faire.)
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# Posté le dimanche 02 décembre 2007 05:52

Le 11 novembre

Ca prend comme un feu de paille.

Mais quel putain de connard. Sa fiche, je voudrais en faire une boule et lui coller au fond de la gorge jusqu'à ce qu'il s'étouffe avec. Une telle malhonnêteté intellectuelle à un tel niveau d'étude, c'est tout de même impressionant. Et une fois bourré de papier, ça fera bien office de paille, ça brûlera de la même façon, sans doute.
Je craque. Tous m'épuisent, je sais pas ce que je fous là, j'ai rien à y faire, j'ai pas envie d'y retourner. Bon, on dira "oui c'est la Toussaint, c'est normal, rappelle-toi l'an dernier, t'en étais au même point, et puis finalement, tu as resigné". Certes.
Je craque, et pas seulement des allumettes. Quand finalement, il y a plus de tension nerveuse qui me rend malade que de plaisir d'écouter certains professeurs que j'admire, je ne vois plus à quoi ça sert. De toute façon, l'ENS, ça n'a jamais été mon but, cessons là les bêtises. Et, au point où j'en suis, je ne suis même pas certaine de l'utilité d'une équivalence, alors... D'ailleurs, je ne suis même pas certaine de ne pas m'être complètement trompé de voie. J'aurai pu être biologiste marine au CNRS de Rosko, ça m'aurait énormément intéressé. Mais non. J'ai choisi le bhâgne.
Je ne sais même pas si j'arriverai à supporter ça jusqu'en mars.

J'ai envie de voir du pays.
Je ne peux pas rester ici.
Je ne sais même plus quoi faire de moi.
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# Posté le dimanche 02 décembre 2007 05:52

Le 10 novembre

Ta mère, c'est l'Esprit des Lois. Oh putain.

Mademoiselle Elend murmure des douceurs sanguinaires à mon oreille. C'est beau comme du Sade dans le texte. Bâh, pouâh, non, qu'est-ce que je raconte moi ?
Vingt ans. C'long, vingt ans. Long comme plus que toute ma vie à cette instant présent. Vingt ans. Moins, faut-il espérer. Mais vingt ans. Rien à faire, ça n'arrête plus de me trotter en tête. Il faut que je lui écrive. Gamine névrotique, oui, pourquoi pas. Sans doute, même. Mais je vois pas en quoi c'est surprenant.

Bref.


Nan mais des fois ça va mieux quand même.
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# Posté le dimanche 02 décembre 2007 05:51